Le Théâtre de l’Ile Saint-Louis Paul Rey, une des plus petites salles de spectacle de Paris, que la Seine baigne à l’angle du Pont-Marie, qui est unanimement apprécié pour son intimité, son élégance et son esprit, accueille à peu près tous les genres, de la musique au théâtre, de la poésie aux variétés. On pourrait presque dire qu’il y a, tous les jours, un concert, en général de piano, à 18h30. Et beaucoup d’autres choses à 21 heures. Venez y faire un tour..!

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PLATONOV (Héritages) d'après Tchékhov

La Compagnie "Debout sur le Fil " présente :


PLATONOV ( Héritages ) d'après Anton Tchekhov, adaptation et mise en scène de Mélina Krempp.

avec : Lauréline Romuald, Laure Sales, Emilie Zébert, Guillaume Compiano et Pierre Berçot

Régie : Raphaël Hubert

Une société ayant de nombreux points communs avec la nôtre, usée, essoufflée, et qui vit la fin d’une époque, et attend péniblement. Quoi ? Elle ne le sait pas exactement… Un monde meilleur, un monde plus excitant, et plus adapté à l’humain. Alors, en attendant, cette société s’ennuie. Elle est plongée dans une sorte de léthargie, pour quelques instants de folie, de violence...qui sont des « accidents », des dérapages, des explosions, conduisant soit vers la légèreté, soit vers le drame. Dans ce contexte de période de transition difficile, deux êtres s’aimant passionnément se cherchent, se fuient, se retrouvent pour tenter de construire une relation sans concession, excessive, et impossible, qui les anéantira : Platonov et Anna Pétrovna, deux marginaux qui se débattent en vain pour échapper à l’enlisement général de leur société, deux victimes d’une incapacité à communiquer et à comprendre l’autre…
Dans une esthétique onirique, où la pièce est traitée comme un bloc de glaise étiré, fragmenté, puis sculpté, les carcans de la temporalité et de l’espace ont été déverrouillés, afin de parvenir à un spectacle fait d’ombres, d’échos, de mises en abîme, et de résonances.
L’histoire de Platonov existe « a posteriori », à travers le témoignage de la domestique de la pièce, qui a vécu cette époque de transition, qui a vécu avec ces personnages, qui a vécu, enfin, tous les épisodes de la pièce. A travers ce point de vue post-fictionnel, on se retourne sur cette histoire, sur ces personnages, en faisant des allez retour dans les différentes strates de leur passé, et en entendant et en voyant apparaître tous les fantômes qui les hantent encore, et les fantasmes qui les habitent. Que reste-t-il de cette société précédente ? Qu’elle ait sombré d’elle-même, ou qu’elle ait été détruite, n’a-t-elle tout de même pas laissé un héritage considérable, qui aurait franchi les frontières et nous parviendrait encore aujourd’hui ? C’est là la première pièce de Tchekhov, certainement la plus dénonciatrice, et son auteur visionnaire et révolté de 19 ans semble nous y avoir laissé un avertissement : aucune période de la « grande » Histoire ne parviendrait à enterrer son époque à lui, et ni les humains qui y ont vécu…

Programme du mois

«Ô Temps ! suspends ton vol...»

Sous le titre d’ensemble " O TEMPS, SUSPENDS TON VOL ! " , le Théâtre de l’Ile Saint-Louis-Paul Rey et Jean Le Couëdic décident de présenter à la scène trois récitals poétiques, le premier consacré aux" FLEURS DU MAL" de Charles BAUDELAIRE, le second " "DE RUTEBEUF A RIMBAUD", le troisième à l’oeuvre de Victor HUGO, parce que, de Villon, de Ronsard à Verhaeren, de Desportes à Musset, de du Bellay à Madame Ackermann, cette aspiration " altérée de la soif d’un monde ignoré" jaillit des mêmes profondeurs, au mot près, et, mieux qu’un long traité, mieux qu’un large débat, dans un minimum de durée et dans une incroyable économie de moyens, pose toujours la même question devant l’énigme éternelle et essentielle : le Temps ! Beaucoup de poèmes connus, beaucoup de moins connus, invitent à entendre et réentendre cette langue admirable, ces vers tantôt robustes et tantôt déchirants, ce " vers d’airain qui bouillonne et qui fume dans le rythme profond, moule mystérieux d’où sort la strophe ouvrant ses ailes dans les cieux "!

 

L'équipe : Jean-Louis Bachelet, soliste et accompagnaeur; l'intérêt qu'il porte à la littérature le conduit très tôt à pratiquer l'improvisation, qu'il conçoit comme un pont jeté entre les sons et les mots.

Jean Le Couëdic, auteur, metteur en scène et comédien, anime le Théâtre de l'Ile Saint-Louis; il a créé ce lieu avec Paul Rey en 1978

Robert Millardet, professeur à la Schuola Cantorum ( Paris), mène une carrière de concertiste et d'accompagnateur, se produisant en récital, en musique de chambre et avec orchestre.

Pierre Daubigny, éclairagiste et comédien, travaille régulièrement sur des pièces de dramaturges contemporains; membre du Groupement Indépendant des Régisseurs et Eclairagistes de Spectacles ( GIRES) de François-Eric Valentin

PHOTOS: Michel Bonnefond

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