La féminité sacrilège, de Philippe Pélissier

 

avec Alba Fonjallaz..

 

Travail dramaturgique sur la féminité confrontée à l'opposition officielle du monde de l'art : Camille ou la beauté interdite ou aux déchirements de l'histoire : Un papillon l'hiver.

Quel rapport direz-vous entre Camille Claudel, condamnée sous prétexte d'aliénation mentale à la réclusion à vie dans un asile et Sarah Rosenfeld, jeune fille juive survivante du ghetto de Varsovie? Camille et Sarah sont emblématiques de ce que la femme a dû vivre, vit et subit encore de la part de l'ordre socio-politique et religieux. Une histoire dominée et par l'empreinte prédatrice de l'homme et sur tous les dérivés symboliques de cette puissance patriarcale dont la femme a été et reste l'otage sacrificiel, l'offrande consacrée.

Sacrilège? La femme l'est sans doute pour longtemps encore. Elle n'est pas sortie de l'obscurité fantasmatique de l'inconscient collectif.
Camille, avec son génie artistique exceptionnel et son tempérament de feu, a revendiqué son autonomie totale et son originalité. Elle s'est exposée à la vindicte familiale et sociale, en refusant de se soumettre à un Maître, au prix de sa liberté. Au début du 20ème siècle, Camille, dont l'inspiration n'a d'égale que la force de caractère, incarne le combat perdu d'avance d'une femme contre le machisme institutionnalisé.

Sarah est la victime de la peste nazie. Jeune fille pubère, elle incarne ce qui doit être exterminé. Elle est la matrice potentielle de reproduction de la race juive et conséquemment, celle qui transmet l'identité religieuse selon la loi judaïque. Sarah est l'expression la plus extrême du fantasme de la femme souillure qui encourt, du fait de son pouvoir d'enfantement et de séduction, une malédiction dont on retrouve les traces dans les rites de nombreuses sociétés.

15€ - étudiants de moins de 25 ans, avec une carte: 10€

Réservation 01 46 33 48 65

En juin 2019

18h30: le 11, 12, 19

21h00: le 18