Saint Paul, les Epîtres en scène

Saint Paul, les Epîtres en scène

Epîtres adaptées et dites par Jean Le Couëdic

Pierre Daubigny en charge de la lumière.

 

Le Théâtre accueille un texte essentiel pour la santé et la vigueur de l'esprit, comme la nourriture dont la pensée contemporaine a plus besoin que jamais. Il est dit pour une fois en-dehors des lieux de culte où on l'entend habituellement, car la scène permet de l'offrir aux hommes de toutes confessions ou n'en ayant aucune

.

« Dans le cadre du christianisme, Paul est le saint patron de ceux qui pensent » Albert Schweitzer

Porter à la scène  les Epîtres de Saint Paul entraîne nécessairement un important remaniement des textes, car il faut  s'efforcer de maintenir l'intérêt du spectateur qui peut ne pas être un lecteur assidu de l'apôtre, ou même tout en ignorer. Car ce projet  a pris corps à partir d'une réflexion sur l'importance de ces écrits qu'on peut totalement méconnaître si l'on ne pratique pas, par exemple, une des religions qui s'y réfèrent, et sur  le grand vide que cela entraîne pour une pensée contemporaine.
Il ne nous a donc pas paru souhaitable de dire in extenso l'Epître aux Hébreux, par exemple, ou l'Epître aux Romains, mais de tirer de presque toutes les Epîtres les passages les plus représentatifs de la pensée de Saint Paul, de les grouper par thèmes, de ne pas hésiter à pratiquer bon nombre d'interpolations, puisqu'il s'agit, en fait, d'une recréation, mais sans altérer une seule parole même en la citant en-dehors de son contexte, tout en ayant pris la liberté d'intercaler, par-ci par-là, un ou deux mots qui ne sont pas de l'apôtre, mais d'un commentateur particulièrement inspiré  qui éclaire d'autant mieux certains passages.
Nous pensons, de même, que ce regroupement, d'une heure environ, peut permettre de mieux envisager la totalité de l'inspiration paulinienne, ce que risquerait de ne pas faire l'illustration d'une seule Epître, fût-elle  la plus considérable.
Après avoir énormément tergiversé quant à la manière de situer le comédien chargé de dire ces différents extraits, force a été de constater que prendre le parti hardi de l'imaginer en tant que Saint Paul lui-même permettait  mieux d'en exprimer le tempérament, la foi, la passion, la fougue et la radicalité, de sorte que le spectateur ait moins de mal à entrer «  dans le jeu » et à l'identifier plus facilement que s'il entendait le texte dit de façon plus impersonnelle.
Mais pour autant, le comédien en question est tout à fait conscient du danger qu'il courrait si l'on s'avisait de penser qu'il s'érige en juge de ses contemporains. Qu'on soit plutôt persuadé que la fréquentation quotidienne de ces écrits en vue de les représenter l'incline bien plus à rechercher l' humilité indispensable, plutôt que l'arrogance du censeur.: «  Tu es donc inexcusable, toi, qui que tu sois, qui juges! »
En effet, l'extrême sévérité de certains passages peut être difficilement accueillie par des  personnes habituées à une certaine permissivité, mais c'est l'implacable puissance de cet esprit inspiré qui peut amener précisément à réfléchir, à se poser des questions et à se demander si, en se haussant à cette hauteur de vue, à cette exceptionnelle envergure de la pensée, on n'est pas plus près d'un certain accomplissement humain qu'en se laissant entraîner involontairement dans la somnolence ambiante,

 

Extrait d'une préface d'Emil Bock :

" Aujourd'hui, l'humanité entière passe par l'expérience de Damas. L'effervescence et les troubles cahotiques de notre époque mènent les humains vers un seuil, où ils sont placés devant une grande alternative. L'humanité va-t-elle s'encroûter toujours plus dans un monde voué aux sens et à la matière? Ou bien se trouvera-t-il une minorité de gens pour ouvrir les yeux sur le monde sensible dont les vagues déferlent sur nous depuis longtemps et où la majesté lumineuse du Christ est proche des hommes d'une manière nouvelle, apocalyptique? Les lumières qui, par moments jaillissent, comme des éclairs, des nuées d'orage de notre époque, peuvent constituer une sorte d'expérience de Damas pour ceux qui aspirent à percevoir la présence du Christ sous la forme possible aujourd'hui et leur permettrre, par là même, de redécouvrir l'expérience ainsi que l'être et l'oeuvre de l'apôtre Paul?" 
Emil Bock  ("Saint Paul")

 

On peut dire que, dans les temps antérieurs au Mystère du Golgotha, l'humanité a reçu une certaine révélation qui se présentait à la façon de rayons solaires éclairant un objet de l'extérieur. Quant à ce qui agit dans l'âme en tant qu'impulsion christique après le Mystère du Golgotha - donc en tant que lumière solaire spirituelle - c'est comme si l'on avait devant soi un corps qui serait lumineux par lui-même et dont rayonnerait sa lumière intérieure.

Par contre, après que le Mystère du Golgotha s'est accompli, l'âme vue de l'extérieur par le regard de l'esprit nous apparaît comme si la lumière spirituelle était cachée dans ses profondeurs, comme si sa nature psychique dissimulait cette lumière spirituelle. C'est comme enveloppée de substance psychique que se présente à nous la lumière de l'esprit contenue dans l'impulsion christique après le Mystère du Golgotha. Ne voyons-nous pas cet état de choses se confirmer à notre époque et tout particulièrement pour ce qui est de la vie extérieure? Voyez à quel point l'homme d'aujourd'hui doit s'occuper de connaissances extérieures, alors que, d'autre part, cachée dans les profondeurs de son âme comme une toute petite flamme, l'impulsion du Christ vit en lui, enveloppée dans le reste de sa vie intérieure.

Rudolf Steiner ( "La Bagavad Gita et les lettres de Saint Paul") 


 

15€ - étudiants de moins de 25 ans, avec une carte: 10€

Réservation 01 46 33 48 65